Macaque et métacognition... la partie qui sait.



L’homme est avant tout un animal.

Je me demande aujourd’hui si la supériorité intellectuelle de celui-ci, est un atout, ou un leurre qui entraîne la vie cellulaire vers sa propre fin.

Demandons-nous si l’intelligence nous permet d’évoluer, ou tristement, de ne pas vivre le bonheur dans la simplicité.

Dans son livre le code de la conscience, Stanislas Dehaene se pose la question de la conscience en soi chez le singe. Il rapporte des propos de Vladimir Nobokov en 1973, écrivain et entomologiste :

« Être conscient d’être conscient d’être… Si je le sais, alors j’appartiens à l’espèce humaine. Tout le reste en découle – le fleuron de la pensée, la poésie, une vision de l’univers. À cet égard, l’écart entre le singe et l’homme est incommensurablement plus vaste que celui qui sépare l’amibe du singe. »

Et pourtant, l’intérêt que porte la société en général à l’évolution, tire les connaissances vers le bas, en simplifiant la simplicité par manque de curiosité. L’introspection sur ces propres valeurs est souvent rejetée par ceux qui ont peur de se trouver face à leur propre insuffisance. Il serait pourtant facile de faire mieux. Quitter les réseaux sociaux et télévisions débilitantes qui tournent en rond sur des annonces et découvertes démenties dans l’heure suivante, par des pseudos scientifiques en mal de reconnaissance.

L’ouverture à la science n’est pas réservée à un ordre qui se divise lui-même, sur des réalités qu’il a du mal à définir. La connaissance n’est pas une intelligence, mais un intérêt, une curiosité, un savoir par plaisir de comprendre. Apprendre est à la portée de tous, sans prérequis ou un équipement cérébral quantifié. Le manque de confiance, d’estime de soi, le syndrome de l’imposteur se retrouvent chez tout être ayant un équilibre presque parfait conscient inconscient. Trop d’inconscient entraîne à vivre dans un monde hors du temps, alors que trop de conscients nourrissent un ego surdimensionné.

La recherche de la conscience, lien corps esprit, l’âme et tout autre mot que vous pourriez nommer, est proche de démontrer son existence grâce aux avancées technologiques, n’en déplaise à Descartes. La recherche de vie cérébrale et de conscience lors d’un état végétatif est maintenant démontrée sur des exceptions, qui deviendront dès maintenant des généralités.

Chaque matin en vous levant, demandez-vous ce que vous allez découvrir, comprendre aujourd’hui ? Quelle est cette chose qui va remonter à votre conscience qui vous fera grandir, évoluer ? Quelle partie de vous allez-vous tasser, pour aller au-delà de cette naïveté, et profiter d’un plaisir inconsidéré ?

Soyez curieux, ne regardez pas les images sans importance qui ne vous entraîneront nulle autre part que dans un cul-de-sac nauséabond. Socrate parlait de ses trois passoires (voir en fin d’article) une pratique qui devrait émerger à la conscience avant toute action de curiosité malsaine.

Posons-nous les bonnes questions et réfléchissons aux erreurs du passé qui, d’après notre intelligence, devrait nous servir d’apprentissage. Les macaques sont capables d’utiliser leur espace de travail pour réfléchir au passé, leurs erreurs, leurs succès et leurs échecs, leurs connaissances et leurs limites.

Ce domaine se nomme la « métacognition ». C’est la représentation mentale de ses cartes mentales, de ses propres connaissances, de ses propres limites. Donald Rumsfeld, secrétaire d’État de George W. Bush en avait distingué trois types de métaconnaissances :

« Il y a des choses connues connues; ce sont les choses que nous savons que nous savons. Il y a des inconnues connues, c’est-à-dire des choses que nous savons que nous ignorons. Mais il y a aussi des inconnues inconnues : ce sont les choses que nous ne savons pas que nous ignorons. »

Alors dès demain, laisser apparaître tout ça en même temps et encore plus…

Faites confiance à la partie qui sait…

Manolo Sabouro

À lire : « Le code de la conscience » Stanislas Dehaene Edition Odile Jacob science

Les 3 passoires de Socrate

Socrate avait une haute opinion de la sagesse.

Quelqu'un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit :

Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami?

- Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires :

- Les 3 passoires?

Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire.

C'est ce que j'appelle le test des 3 passoires.

La première passoire est celle de la vérité.

As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai?

- Non. J'en ai simplement entendu parler...

- Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.

Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire.

La deuxième passoire est celle de la bonté.

Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

- Ah non ! Au contraire.

- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain si elles sont vraies.

Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire.

La troisième passoire est celle de l'utilité.

Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

- Non. Pas vraiment.

Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile...

Pourquoi vouloir me le dire ?


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