Thérapie dite provocatrice



Est-ce qu’un thérapeute doit être « un bon ou un méchant flic »? Jusqu’où peut-on aller ?

Il est nécessaire d’être les deux. L’humour, l’empathie et la bienveillance permettent d’accompagner nos clients bien au-delà de leur zone de confort.

J’entends régulièrement mes confrères me dire :

  • Ta façon de travailler… ce n’est pas mon genre… Tu es un peu vif, tu bouscules, ce n’est pas mon genre…

Lorsque je traduis leurs commentaires, j’ai bien conscience qu’ils choisissent leurs mots pour déguiser une intolérance et incompréhension à une thérapie dite provocatrice.

Lorsqu’un client pousse la porte de mon bureau, il est important que je me dise qu’il a choisi de vivre un changement. Pousser la porte du bureau d’un coach ou d’un hypnothérapeute n’est pas encore assez courant, sans savoir que nos clients ont déjà essayé de nombreuses autres formules. Psychologie, kinésiologie, acupuncteur, hydrothérapie, médecine chinoise, électrothérapie, guérisseur, rebouteux, jeûne thérapeutique, magnétothérapie, ostéopathie, naturopathie, méditation, physiothérapie, réflexologie, Reiki, magnétisme, sans oublier de mentionner les voyants et les médiums qui font partie de quelques thérapies qu’a déjà utilisées ma clientèle pour leur préoccupation présente. J’ai un profond respect pour toutes ces professions nommées ou non, et l’intérêt d’en énoncer quelques-unes est dans la simple idée de démontrer qu’un hypnothérapeute et coach PNL, est très souvent le dernier recours à un pattern, un désagrément qui demande pourtant une prise en charge et une autonomie du client dans son changement.

- J’ai tout essayé, vous êtes ma dernière chance…, me disent souvent mes clients.

Commençons par mettre les choses au point. Contrairement à d’autres thérapies énoncées, je n’ai aucune obligation et il n’y a aucune chance derrière tout ça. Essayer, c’est se donner une possibilité d’échouer, vous n’essayez pas avec moi, vous faites. Seul le client est responsable et s’engage dans son changement. Il n’y a qu’un gourou pour se vanter de changer le monde, d’avoir la magie et le pouvoir de faire maigrir, d’arrêter de fumer, de guérir la déprime et de transformer les gens mauvais en bonnes personnes. Un hypnothéracoach ne guérit pas, ne soigne pas il n’est pas médecin, par contre, il accompagne.

Je mets la lumière sur la linguistique et le non verbal de mon client et lui permets de mettre à jour ses stratégies comportementales afin de déterminer l’objectif réel, caché derrière l’état présent du moment. L’hypnothéracoach met la lumière sur la forêt, cachée derrière l’arbre qui a emmené le client dans son bureau. Il lui permet de se dissocier d’un état pour l’emmener à voir autrement, d’un autre angle. L’engagement du thérapeute se définit alors en accompagnant la personne, à atteindre cet objectif. S’il ne lâche pas, le thérapeute ne le lâchera pas. Il trouvera les ficelles et les subtilités qui permettront les prises non conscientes et conscientes, et installeront un nouveau schéma neurologique fait de nouvelles liaisons synaptiques pour devenir un comportement intégré et non conscient.

Le thérapeute n’a pas besoin d’être aimé par son client. Il ne doit jamais oublier qu’il n’est pas la vedette de l’histoire et que seul le résultat de l’état désiré du client est important.

Thérapie courte veut dire pour un hypnothéracoach une à cinq séances et il n’y a donc pas de « round » d’observation. Il est nécessaire de casser immédiatement le schéma installé par le client, et de le maintenir hors de sa zone de confort dès le début. L’intérêt est de le faire réagir et de ne pas rester dans un schéma de plaignant en adoptant une approche solution. L’intérêt de cet inconfort a une raison positive secondaire et c’est le résultat de la situation présente. Alors, allons-y, jouons le jeu du client en le grossissant, à le ridiculiser si nécessaire. Lui donner la possibilité de voir chez l’autre son état, lui permet de visionner la situation différemment. Pour cela, il faut aller chercher l’émotion quelle qu’elle soit et la colère en fait partie. Je sais que certains de mes clients m’ont détesté pour finir par m’aimer, car ils ont compris rapidement, que le changement se fait, avec cette subtilité qui entraîne, comme un énorme jeu de dominos, tous les autres comportements personnels. Ce changement subtil, comme un tsunami, peut transformer tout un état de vie qui effacera le comportement et qui finira par n’avoir jamais existé. L’entourage révèle souvent la transformation en disant :

  • Je n’arrive pas à dire quoi… mais tu as changé… tu as l’air drôlement bien, rayonnant (e), tout te sourit, je t’envie…

Pour cela l’engagement du client, son intention et celle du thérapeute doivent être sans limites.

Je viens de comprendre en terminant « La thérapie provocatrice » de Frank Farrelly (Satas) décédé en 2013 que ma pratique relève fortement du schéma qu’il avait mis en place. Lorsque ses confrères lui demandaient s’il y avait de la cruauté et du sadisme en lui, il répondait :

« Ce que j’essaie de dire ici c’est que, d’après mon expérience, je crois qu’on doit faire une distinction entre la « cruauté » à court terme et la gentillesse à long terme d’une part, et la « gentillesse » à court terme qui finit à la longue par nuire au client… »

« Gentil flic ou méchant flic… les deux à la fois mon capitaine ». Dites-vous que si vous ne lâchez pas, je ne vous lâcherais pas alors, faites confiance à la partie qui sait…

Emmanuel


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