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Manipulé par son propre ego...

Des histoires, rien que des histoires


Étrange la faculté de l'homme de s'inventer des histoires...

Rien ne s’est encore passé, mais notre imagination a déjà rendu sa conclusion. Je dirais même; ses conclusions.

Nous passons une grande partie de notre journée à créer des éventualités construites par un besoin de sécurité, de prévoyance.


Quel temps perdu ! Et quel dommage de laisser s’échapper du temps qui pourrait être bien employé à écouter, comprendre, profiter d’un moment qui est perdu à tout jamais pour une illusion de contrôle. Nous courons après un temps qui cours à nos côté sans l'apercevoir.


Notre cerveau est un gros consommateur d’énergie. Toujours à la recherche de possibilités de s’économiser, il délègue 80% de son fonctionnement aux habitudes et répétitions automatiques de ses journées. Lorsqu’un grain de sable se place dans le rouage du pragmatisme qui le gouverne, les histoires commencent…



Paul et Martin


Paul connaît Martin depuis trois ans, ils travaillent ensemble, au même étage, mais pas dans le même bureau. Ils se connaissent assez bien pour des collègues de travail et ont même eu l’occasion de trinquer ensemble lors de sorties improvisées.


Paul se reconnaît dans les attitudes de son collègue et son ego est flatté par la relation qu’il a nouée avec Martin. Un plaisir d’appartenance à un homme qui représente et confirme ses valeurs de vie et de reconnaissance professionnelles.


Les deux hommes se saluent tous les jours et lorsque Martin a un mot amical envers Paul, ce dernier se sent heureux d'être remarqué, d’exister.


Ce mardi matin, Paul croise Martin à la sortie de l'ascenseur. Martin a le regard absent, il file droit devant lui sans le saluer.


Figé, Paul observe la silhouette de son collègue qui s’éloigne.

Il lui faut un certain temps pour se remettre à marcher et se diriger vers son bureau. Son cerveau tourne en boucle et cherche à combler le vide qui vient de se créer dans le comportement inhabituel de son acolyte.


« L’histoire éventuelle » s’installe et se développe petit à petit dans la tête de Paul jusqu'à l'heure du midi où il aperçoit Martin en conversation avec un groupe d’homme et de femme, un sourire timide au coin des lèvres.


La conscience de Paul, alimentée par l’expérience de rejet de son collègue, accélère. Analyse, critique, intellectualisation de son interprétation l'emportent dans une imagination fertile de causalités.


« Martin me snobe, c'est certain. Que lui ai-je fait ? Pour qui se prend-il pour agir ainsi? Ils ont quoi de plus les autres pour que Martin prenne le temps de parler avec eux? Si j’avais su... la dernière fois je lui ai donné ma confiance... si j’avais su... »


Mauvaise humeur, colère, rancœur et rancune noircissent l'état d'esprit de Paul. Et l'histoire continue...


…« la prochaine fois que je parlerai de lui, je dirai ce que je pense de ce prétentieux. Je lui ferai comprendre qu'il n'est pas le bienvenu et que s’il ne fait pas profil bas il n'aura aucune chance avec moi... »


Paul continue à ruminer, il oublie même la sortie qu'il a prévue avec sa femme le soir même, un plaisir qu'il avait attendu toute la semaine. Il n'a plus envie de sortir, de partager, de sourire.


« Et puis Martin allait certainement s'arranger pour que je sois encore plus isolé face aux autres... »


La noirceur prend place dans l'attitude de Paul. Un lourd casque de plomb le maintient dans un sentiment qui l’entraîne dans le stress de la colère, une spirale de noirceur, une boite de pandore, de blessures tel un volcan endormi qui commence à gronder avant l'implosion.

Une douleur au ventre, une crampe, une grande fatigue après le rejet, Paul n'a pas pris conscience que son organisme réagit à son état d'esprit et que des symptômes physiques peuvent déclencher une maladie sans raison apparente.


Fin de journée, Paul prend les escaliers pour partir. Il est hors de question de croiser Martin...

Une fois au stationnement Yvon, son voisin de bureau l'interpelle.


- Salut, Paul!

- Bonsoir Yvon.

- J'organise une cagnotte pour Martin pour lui signifier notre sympathie. Tu veux participer?

- Participer à quoi?

- Tu n'es pas au courant ?


Paul reste impassible, retranché dans sa colère.


- Remarque si je n'étais pas allé me renseigner sur son comportement, je ne l'aurais pas su non plus… Depuis 6 mois sa femme suit des examens médicaux. Elle a une maladie rare. Cette nuit Martin a reçu un appel de France, il lui offre de venir tout de suite dans un hôpital spécialisé pour qu'elle puisse être prise en charge. Ils doivent être là-bas dans 48 heures pour commencer un protocole qui pourrait lui sauver la vie...


Des histoires... rien que des histoires... Paul est figé pour la deuxième fois de la journée. Il a honte de lui-même, de sa réaction, de l'histoire qu'il s'est racontée. Les histoires de l'ego humain qui réagit en suivant des schémas de croyances.

Distorsions, généralités, omissions des filtres installées dans son cerveau... son état d'esprit a déjà agi sur son organisme, transformé les neurones et les cellules pour détruire les molécules du bien-être.


L'état d'être de la journée a été un poison pour son esprit et son physique. S’il s'était donné la peine de se renseigner, sa journée aurait été tellement différente. Il aurait pu aider, communiquer, partager. Martin ne sera plus là demain matin, plus de possibilité de lui faire parvenir ses amitiés, s'inquiéter de sa personne.

La soirée qui l’attendait avec sa femme sera différente maintenant ; sa femme est heureuse de sortir, mais ressentirait peut-être le malaise de son mari, consciemment ou non...


Cette expérience va laisser à Paul des traces physiques et psychologiques pour longtemps.


- Je pose mon sac à la voiture et je t’accompagne Yvon. Plus nous serons nombreux, plus Martin saura qu’il a notre soutien.



Interprétation

Les histoires que l'on se raconte ne sont que prétexte à notre système de survie afin de nous rassurer. S’il ne trouve pas de réponse cohérente à ce besoin de sécurité, il tourne dans une spirale de panique. Alors, il fige, se sauve ou combat par la colère.


Il suffirait de s’autoriser à lâcher prise sur la situation, de se renseigner en posant des questions en s’intéressant à l’autre plutôt que de diriger son attention sur sa propre personne.


Mettons de côté notre ego et observons sans émotion la situation.


Tout comportement a une « vraie » raison qui n’est pas toujours notre réalité ou même consciemment identifié.

Si vous voyez quelqu’un entrer dans une boulangerie, il y a 95% de chance que c’est un client qui a besoin d’un produit de boulangerie ou de pâtisserie.


Maintenant, si une personne que vous connaissez ou non s’approche de vous, il peut y avoir une multitude de raisons à son comportement :


- Dire bonjour (elle a un besoin de vous dire, je te vois, regarde-moi j’existe.

- Un simple comportement de valeur, correction et éducation.

- Avoir besoin d’un renseignement ou donner une indication.

- Passer le message que vous êtes important pour elle.

- Elle vous prend pour quelqu’un d’autre.

- Etc.


À l’inverse, une personne que vous connaissez passe sans vous voir et pourtant vous pensez qu’elle a fait semblant :


- C’est peut-être vrai qu’elle ne veut pas vous parler…

- Peut-être qu’elle ne vous a vraiment pas vue.

- Elle ne vous a pas reconnu réellement.

- Elle n’a pas le temps et ne sait pas comment vous le dire.

- Elle est préoccupée et a des problèmes qui occultent ce qui se passe autour d’elle.

- Elle est dans un état de transe naturel, dans la lune !

- Elle n’a pas osé vous aborder, vous l’impressionnez peut-être ?

- Elle ne va pas bien et ne veut pas en parler.

- Etc.


Il n’y a pas une raison meilleure que l’autre qui soit envisageable avant de connaître la réalité de l’autre.


Abstenez-vous de toutes distorsions de la réalité, raisons de « causes à effets » (parce qu’elle ne vous regarde pas, alors elle cherche à vous éviter), ou de faire de la « lecture de pensée » (elle fait semblant de ne pas me voir).


Rappelez-vous que tout comportement a un besoin ou une raison essentielle pour la personne qui est en face de vous. Elle peut avoir conscience ou non de ses agissements, mais il y a un besoin à combler qui est positif pour cette personne. Ce n’est peut-être pas le cas pour vous, mais pour elle, si !!!



Laisser votre cerveau se perdre dans les méandres limitants de l’interprétation, couperait toute communication par méconnaissance de la situation de l’autre, empoissonne et manipule une réalité qui pourrait être si simple à comprendre.

De plus, vous encodez une habitude de jugement de façon automatique qui pourrait vous jouer des tours dans votre vie sociale et vous isoler.





Pistes de réflexion

Lorsque le cerveau est percuté par une perception qui crée une interrogation, des doutes et des incertitudes, le déséquilibre psychologique se crée en laissant un grand vide de dénouement. Nous savons que le cerveau ne supporte pas de ne pas avoir de solution à son questionnement.

Dans ces cas d’incompréhensions qui ne trouvent pas de liens qui lui permettraient d’être en sécurité, le cerveau tourne en boucle, se sature pour avoir les trois choix possibles qui lui reste ; la fuite, la colère ou il fige.

Vous percevez alors une alerte où le temps s’arrête comme une distorsion du temps réclamé par votre cerveau. Il vous place alors hors d’une réalité qui vous échappe.


Comme le cerveau à une faculté de se laisser entraîner dans un résultat négatif (30% de plus que positif), car il a tendance à vouloir éviter d’être insécure, il tente de passer par toutes les situations qui pourraient l’incommoder afin de trouver tous les comportements et raisons qu’il pourrait mettre en place pour se sortir d'une situation qui n'existe pas encore et n'existera peut être jamais.


Imaginez que vous soyez capable de remplir rapidement le vide qui crée le doute dans votre cerveau reptilien en ayant une réflexion qui pourrait apporter de la logique ou de la normalité.

L’équilibre s’installerait de nouveau et vous pourriez prendre du recul sur la situation.



Pour cela, il s’agit de remplacer ce fonctionnement naturel et automatique de l’être humain.



Demandez-vous alors :


- Que se passe-t-il ?

- Que vit cette personne ?

- Suis-je la seule personne au monde qui pourrait être son problème ?

- Qu’est-ce qui est important pour moi pour que son comportement me pose problème ? À quoi je m’attendais et qu’est-ce que cela m’aurait apporté ?

- N’y a-t-il rien de plus important que de porter mon attention sur son comportement et de savoir pourquoi ?


De la même façon, vos comportements ont aussi un besoin, une attente à combler.


Vous pourriez vous poser d’autres questions :


- Qu’est-ce qui fait que je ressens cette émotion ?

- Qu’est-ce qui fait que je me comporte ainsi ?

- Que recherche ce comportement ?

- De quoi a-t-il besoin pour agir ainsi ?

- Depuis quand ce besoin est-il important ?

- Suis-je le même que celui que j’étais lorsque ce comportement s’est installé en moi ?

- Est-ce toujours aussi important aujourd’hui ?

- Quelle est mon histoire qui me démontre que je n’ai plus besoin d’agir ainsi, même avec une simple exception dans ma vie ?




Choisissez votre
« scénario »

La seule chose qui existe pour le cerveau est celle que vous regardez.

Le cerveau choisit ses scénarios qu’il répète et qui font la couleur de sa personnalité. Il marque son histoire comme un réalisateur de film qui a sa propre approche du cinéma, sa façon particulière d’approcher les comédiens, le rythme de l’histoire, les rebondissements, sa propre tragédie, les séquences qui se répètent et tout ce qui appartient à son identité.


Certains préfèrent vivre leur vie comme un film d’horreur pour avancer. Tout ce qu’ils voient est étrange et une menace. Bon ou mauvais, la hache doit frapper et frapper encore. Comme une évidence, le méchant meurt à la fin en laissant des signes de retour dans un prochain scénario.


D’autres vivent leur vie comme un thriller. Ils définissent spécifiquement les actions et comportements pour avoir l’heure juste sur leurs amis ou les personnes à éviter. Il arrive même de grosses surprises qui se dénouent à la fin. Dans le film d’horreur, le méchant du début le reste jusqu'au générique alors que dans le thriller ce méchant peut être le bon à la fin.



Générez vos scénarios

Apprenez plutôt, après avoir préparé et travaillé un projet, à imaginer un résultat positif.


Vous pouvez préparer les protocoles parfaits pour atteindre votre but et en même temps, prendre en compte tout ce qui pourrait vous empêcher de l’atteindre, afin de créer des solutions aux imprévus qui pourraient surgir.


Envisager les deux, ne restez pas bloquer sur une seule approche.


- Quel est votre but dans les histoires que vous vous racontez ?

- Est-ce d’atteindre un résultat ou de créer des problématiques, car vous n’avez pas compris un autre besoin inconscient qui n’est pas comblé ?


Vous ouvrez alors un espace de possibilité, de positivité et de motivation à votre cerveau.


Plus vous serez préparé, plus vous laisserez la partie inconsciente de connaissances et d’apprentissages choisir la meilleure solution dans le moment.

Vous ouvrez des voies de réussites qui affirmeront votre confiance et votre charisme.


Pensez la prochaine fois que vous vous laisserez embarquer dans un scénario qu'il n’est que votre réalité, qu’il existe d’autres histoires à vous raconter, car de toutes les façons ce n’est que des histoires, rien que des histoires


Faites confiance à la partie qui sait…

Emmanuel




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Merci par avance




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1 Comment


Unknown member
Nov 21, 2021

Merci pour tous tes articles qui nous permettent de mieux comprendre notre fonctionnement :-)

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