Un hypnologue sur la route

Cette aventure n'est pas un défi sportif mais une aventure humaine

C'est parti pour le grand plongeon !!!

En ce jour, lundi 24 avril, je me rends en autocar de Sainte Foy à Québec, à la gare d'autocar Berry UQAM à Montréal.

J'avais pensé faire Compostelle, un périple en Asie ou en Amérique du Sud mais je me suis demandé quel était l'intérêt d'aller au bout du monde alors que l'aventure est là, chaque jour en changeant ma perception.

Nul n'est prophète en son pays... Je me demande l'intérêt de penser que les autres font mieux à l'étranger, alors que nous avons tous à apprendre de celui qui vit la porte à côté, sans être obligé de se justifier que telle personne en Europe en Amérique où ailleurs à fait...

Je mets ma vie professionnel entre parenthèse, mon bureau, le formateur, le mari et le père pour faire une nouvelle expérience humaine.

J'ai décidé de me mettre au service des personnes que je croiserai pendant cette aventure d'une douzaine de jours.

Je fais confiance à la vie, à ma partie qui sait. Je souhaite VOUS croiser sur mon chemin, vous apporter la possibilité de prendre conscience de vos possibilités à atteindre vos objectifs, et à comprendre que vous pouvez changer vos comportements.

N'hésitez pas à m'arrêter pour en parler et à le partager à toutes personnes qui pourraient être intéressées.

J'ai besoin de vous lors de ce périple car j'ai besoin d'un toit pour passer mes nuits... 

Montréal - Québec                                           Route 138 - Chemin du Roy

Départ : Berri Montréal              Arrivé : 955 avenue de Bourgogne Québec

  Je pense faire une moyenne de 25 kms par jour. La répétition des marches et mon aptitude à pouvoir les répéter règlera mon avancé.

Le hasard de mes rencontres sera aussi un facteur du temps que je mettrais à faire mon voyage.

  Je suis ouvert à toutes improvisations lors de ce voyage, séances d'accompagnement par l'hypnose, ateliers publics de démystification de l'hypnose thérapeutique, soirées improvisées, moments du jours, au hasard des rencontres.

  Je désire trouver chaque soir un bon samaritain qui me permettrait de dormir chez l'habitant, de partager un repas, un café, des moments qui marqueront mon voyage.

À très vite

Et faites comme moi... confiance à la partie qui sait !!!

Emmanuel

 

6h00 - Dans une heure je serai dans l'autobus pour le grand jour.

Je prévois de m'arrêter ce soir à Repentigny à 30kms de Berri. Mon point de chute devrait être le Mc Do sur la rue Notre Dame pour faire des rencontres si je n'ai pas fait n'ai pas trouvé de toit. Belle journée à tous.

Une première journée qui se termine.

Il a été difficile de rentrer en contact avec les personnes que j’ai croisées. Quelques curieux sur Montréal m’ont demandé ce que je faisais et du moment où le mot hypnose était compris, les regards se détournaient… J’ai même eu droit à la visite d’une voiture de police…

J’ai marché 30 kms, et j’avoue avoir souffert et souffrir au niveau des hanches et j’espère que la nuit va me permettre de récupérer.

J’ai passé une heure dans un Tim Horton à Repentigny, à tenter de prendre contact avec les clients sans aucun succès.  Ils sont curieux, mais détournent automatiquement le regard lorsqu’ils comprennent ce qu’il y a écrit sur mon sac.

Quelques soient la génération, j’ai pu observer ce soir, le même comportement.

 

J’ai vite compris que je risquais de dormir dehors alors j’ai cherché un Motel. Ma difficulté à marcher ce soir m’a posé un vrai problème, car le premier Motel était à 8 kms… mon corps m’a dit clairement : « Tu ne bougeras pas de là ce soir !!! ».

 

Alors j’ai tenté l’auto-stop !!! Faut être français pour espérer faire du stop n’est-ce pas ? Je vous le confirme, jeune ou moins jeune a été la même accélération, changement de fil et détournement de tête.

Je vous confirme que la nuit tombait, le froid aussi, et le moral avec. J’ai fait signe à un bus qui m’a déposé à quelques mètres du Motel.

Je vous écris allongé, les hanches qui hurlent à la mort sans avoir le courage d’aller manger.

 

J’ose espérer que la peur que je peux lire sur le visage des personnes que j’ai rencontrées disparaîtra dans les prochains jours. Cette marche est dans le but de partager alors qu’aujourd’hui elle a été d’éviter.

 

Marcher est une solitude qui renforce la présence. J’ai pu percevoir certains regards de personne en groupe, qui laissaient échapper la solitude…

 

Je vous laisse là-dessus !!!

Je Me souhaite une bonne nuit de récupération !!!

Que la vôtre soit aussi bonne.

 

Emmanuel

 

 

Partagez !!! Un de vos ami connaît peut être un ami qui voudrait en profiter, merci

 

8h -Repentigny - Lanoraie - 6° c'est l'été !!!

Le soleil est au rendez-vous, le moral aussi, et le vent me repousse en arrière !!!

 

Les seules choses qui existent aujourd’hui dans ma perception sont mes deux têtes de fémur… J’ai deux clous greffés dans mon corps qui m’obligent à prendre plusieurs secondes pour descendre un trottoir. Tout le reste va parfaitement, mais les têtes de fémur…

 

J’ai préféré ce matin préparer la route de la journée sans compter sur le Hasard. Le premier motel est à 36 km.

Au bout de 5 km, je fais du pouce, la douleur m’accompagne comme un poisson pilote… chaque voiture qui passe fait une embardée sur la gauche en accélérant.

 

Au bout de 18 km, j’avoue ressentir une vraie solitude, celle qui vous donne l’impression de ne pas exister. La douleur est vraiment intense et la perception de pouvoir continuer ou s’arrêter est d’un flou incompréhensible. Je me dépasse croyez-moi.

 

D’énormes voitures et pick-up me doublent et j’aperçois le visage de chaque conducteur, homme ou femme, jeune ou vieux. Ils font de grands écarts en accélérant et pour certains, au-delà de l’indifférence, je perçois la peur de l’inconnu…

 

Je me retrouve 6 ans en arrière, lors de mon arrivée aux douanes de l’aéroport de Québec, pour faire valider ma résidence permanente au Canada. J’étais au milieu d’une population que j’appelais « immigrée » en France, soit des Marocains, Tunisiens, ou venant d’un autre pays d’Afrique. J’avais à l’époque reçu une belle leçon d’humilité. Noirs, blanc ou toutes autres couleurs, nous avions été étiquetés comme immigrés malgré le bel accueil des douanes. C’est tellement rare que cela vaut la peine de le souligner.

 

Aujourd’hui, sur la route, j’étais étiqueté avec un sac à dos… sans domicile fixe, un vagabond.

 

Le Québec est un pays sécuritaire et du coup l’inconnu peut faire peur et c’est concevable. J’en suis à ma troisième voiture de police qui fait demi-tour pour s’approcher de moi avant de repartir. Je comprends qu’il me faudra d’autres techniques d’approche pour prendre contact avec la population.

 

Et puis une voiture s’arrête !!! Une vraie rencontre !!!

 

Jean-François, 44 ans, qui part sur son lieu de travail à Charlevoix !!!

 

  • Je peux te ramener à Québec si tu veux.

 

Le « oui » m’est passé par la tête une fraction de seconde. Les os du fémur voulaient se rejoindre pour taper dans les mains…

  •   Un petit lift serait le bienvenu, merci…

 

Un homme extra ce Jean-François. Il m’explique la peur des auto-stoppeurs. Nous discutons de ses croyances, son travail et ses projets. Un homme plein d’avenir qui n’a pas hésité à reprendre sa vie professionnelle à zéro et qui pense… reprendre les études pour aller encore plus loin.

 

Il m’a exprimé la mauvaise expérience d’hypnose de spectacle qu’il a vécue il y a quelques années. Un hypnotiseur brut de bêtise qui lui a placé des suggestions directes agressives qui lui ont laissé des traces. Notre discussion lui a permis d’avoir le désir de travailler sur ses croyances accompagnées par l’hypnose et la PNL.

 

Sur ses conseils, arrivé à Louiseville, je devrais me rendre dans un bar où la patronne s’appelle Karine… par contre, je n’ai pas le nom du commerce alors si quelqu’un le connaît, dites-le-moi !!!

 

Au plaisir de te revoir bientôt Jean-François, tu es la première vraie rencontre de cette aventure.

 

Je demande à Jean-François de me déposer à Lanoraie. Dans mon esprit, il n’est pas envisageable qu’il me dépose devant le motel, ce ne serait pas dans l’idée du voyage.

 

Je le regarde partir sans bouger. 8 km, huit kilomètres, il me reste 1h30 de marche. Je suis sur le trottoir, les fémurs me transpercent le corps, je ne suis pas certain de pouvoir mettre mon sac sur le dos.

 

Je reprends la marche comme un ivrogne sur 4 km. Je ne sais pas depuis combien de temps j’ai recommencé, une voiture s’arrête à ma hauteur.

 

  • Je vais à Berthier, je t’emmène ?

 

Je suis surpris. Je n’ai pas tendu le pouce et une voiture s’arrête.

 

  • Je t’ai vu ce matin marcher à 20 km d’ici, j’emmenais mon fils au travail et là, je te vois marcher difficilement, boiter comme un orignal pris dans un piège à loups… Je pense que t’es pas parti faire ton épicerie avec un sac à dos chargé comme ça.

 

  • J’accepte volontiers monsieur…

 

Marcel, un homme d’un certain âge, du cru, je ne comprends pas tous ses mots.

 

Une discussion de quelques minutes où il m’explique :

 

  • La peur des gens par les temps qui courent, le racisme avec ces étrangers qui ne veulent pas parler français… c’est insensé, on est au Québec !!!

 

Merci, Marcel, merci. Je commençais à me demander si les Hommes étaient capables de sortir de leur boîte crânienne et de vivre en observant ce qui les entoure.

Merci Marcel, je vois que des personnes, même si leurs mots sont vraiment différents des miens, proposent et suggèrent en tendant une main. Je l’ai saisie, car je perçois que moi aussi je peux en avoir besoin !!! (Première leçon du voyage…)

 

Mon dernier lift de la journée.

 

Je suis dans ma chambre, et je comprends plein de choses, le temps qui passe, la possibilité d’observer l’environnement, comme si chaque instant est la première fois. Je n’ai presque rien mangé depuis lundi matin, pas faim du tout remplacé par la fatigue. De plus, les restaurants rapides transpirant les effluves de gras me donnent la nausée.

 

Je suis à 8 km du prochain village, si je désire manger quelque chose. Trop loin pour moi ce soir. Il y a un repas privé de 70 personnes au motel où je suis et le restaurant est donc fermé. Le patron m’a proposé de m’apporter une assiette dans ma chambre, comme il m’a dit :

 

  • Ça va être bon et je te promets que je ne vais pas te fourrer avec le prix !!!

 

J’ai un vrai moral et je pense que mon aventure commence maintenant !!!

 

Je remercie Marie-Ève pour son appel et sa proposition de partager leur table et leur toit, mais je suis déjà plus haut sur le trajet. J’avoue qu’hier au soir cela aurait été vraiment agréable et c’était le bon endroit.

 

Demain, je pars en direction de Louiseville. Je vais prendre les 2 fémurs ce soir et leur expliquer qui est le patron !!!

 

Maintenant, si je dois faire du pouce pour faire des rencontres, je le ferais…

 

Merci à vous de me suivre, de m’encourager, de partager et de faire connaître l’aventure, je sais au fond de moi que j’atteindrai mon but - faire des rencontres et démystifier l’hypnose thérapeutique !!!

 

Bonne nuit au Canada, à la France, le Maroc, les États-Unis et l’Espagne qui m’ont suivi aujourd’hui sur cette page.

 

À demain.

 

Emmanuel

 

Une belle journée pluvieuse assombrit le ciel. J’ai bien dormi et le corps récupère. Lorsque je disais que ce n’était pas une aventure sportive, mais humaine, je le confirme.

 

Ma femme m’a demandé si c’était agréable d’être libre en sachant que rien ne m’attendait et que j’avais le temps, la réponse m’a surpris :

  • Pas vraiment… Je n’ai pas l’impression d’être libre. Je m’inquiète pour ce soir où je vais pouvoir dormir… Je sais que le prochain Motel est à 36 km, et que je dois les faires pour être certain de ne pas dormir dehors.

 

À 51 ans je sais que j’ai besoin d’un minimum de confort, même si cela fait sourire.
J’aime tellement mon travail, que je comprends que je ne prends pas assez de temps d’écouter les personnes proches qui m’entourent, et elles ne sont pas nombreuses. Je suis tellement tourné auprès de mes clients et de mes élèves que je ne termine jamais mes journées même lorsque je rentre à la maison. Je travaille la semaine et même les weekends, à donner des cours d’hypnose, à recevoir une clientèle qui vient de loin ou à écrire de nouvelle 

formation. Non seulement je ne donne pas assez de place à ma famille et j’ai complètement mis de côté l’entrainement physique. Je fais confiance à la partie qui sait mais elle ne fait pas partie de la mécanique de mon corps en ce moment.

La partie qui sait me permet de dépasser les appels de mon corps, et me dissocie de ressentie physique. Je remercie mes connaissances en hypnose et auto-hypnose pour dépasser ce qui n’est pas important aujourd’hui. J’ai un moral de dingue !!!

 

La route est longue et droite, infiniment droite. Le virage que je perçois au loin

paraît proche, mais les kms défilent et la courbe qui m’attend s’éloigne dans

le même temps. Ce qui est étrange c’est mon moral qui flirte avec l’indécence

tellement il est haut perché. Quelques ampoules sans signification importante

pour moi, mais une jambe droite qui a 80 ans.

 

Je dois faire 8 km pour arriver à Berthierville pour prendre mon petit déjeuner.

Le Motel où j’ai dormi sert le repas du matin à partir du jeudi au dimanche.

Le ventre vide je pars tout guilleret.

Les voitures roulent vite, je marche sans musique sur les oreilles depuis lundi,

bercé par le cri de ma jambe droite à chaque pas. Je ne marche pas vite, à peine

4 km à l’heure, mais je ne peux pas faire autrement. Lors de mes entraînements

sur 10 km, je me déplaçais à 5,5 km/h… sans sac à dos…

 

Je commence à tendre le pouce, je viens de faire 15 km et je sais

qu’il en reste encore 21 avant d’avoir la certitude d’avoir un toit

qui ne ressemble pas à celui qu’avait cette personne que j’ai croisée.

 

Je tends le bras et… la touche que je viens de ressentir sur mon

avant-bras est signée d’un gros oiseau blanc. Un beau gros macaron et

je sais que si je ne l’enlève pas cela va manger la couleur de ma veste…

 

Je continue à marcher et là au sol, la confirmation de ce que crie mon corps.

 

20 km que je marche, disons que je piétine et une voiture s’arrête !!!

Paul, retraité, une soixantaine d’années me propose de m’emmener. Il me parle de sa vie, de son métier d’antan, de sa passion de l’automobile, de ses enfants et petits-enfants.

Puis il me demande ce que je fais et où je vais.

Je lui explique rapidement et lui demande de me poser à Maskinongé, je sais qu’il me restera environ 7 km avant d’arriver à Louiseville.

 

  • Tu devrais passer à la Caillette, c’est sympa, j’y allais avec mon père depuis que je suis tout petit. Si ça te dit, on mange un bout ensemble et je te pose après à Louiseville.

 

Comme vous le verrez sur la vidéo, j’ai rencontré un homme qui a vécu sa vie dignement et sa famille doit être fière de lui. Lui est libre. Il me parle de partir dans le grand Nord avec une tente et d’aller pêcher et lorsqu’il en aura marre, il rentrera.

 

Il me montre des photos de ses petits-enfants, de sa fille et en parle avec énormément de douceur.

 

  • Paul, si je peux me permettre, j’aimerai vous poser une question ?

  • Vas-y.

  • S’il y avait quelque chose à refaire dans votre vie, c’est quoi la première chose à laquelle vous pensez ?

 

Son regard s’échappe dans le vide, et au bout d’un certain temps :

 

  • Dire des choses à mon père que je ne lui ai jamais dit… Il est mort alors que cela a toujours été compliqué entre nous. Il n’a jamais su dire je t’aime… aujourd’hui je le dis toujours à mes enfants…

 

Je prends un semi-remorque en pleine face… ma mère vient de m’annoncer par Facetime que mon père qui se trouve en soins palliatifs avec un cancer du cerveau qui s’est réveillé… Je t’aime papa…

 

Alors j’évite le sujet, je suis submergé par l’émotion et ce n’est certainement pas le but de ce voyage, et peut-être que si…

 

Puis la conversation dévie, un homme s’introduit dans la conversation, la religion surgit avec la haine du discours qui me fait frémir. Paul ne dit rien, moi non plus.

 

Dans la voiture Paul est d’abord silencieux puis me dit :

 

  • Je ne suis pas d’accord du tout avec ce qu’a dit cet homme !!!

 

Merci, Paul, vous êtes quelqu’un de bien jusqu’au bout.

 

L’espace-temps que j’ai passé avec lui lui a permis de s’arrêter sur sa vie et je l’ai observé, fier de ce qu’il est, en reprenant conscience de l’importance de sa vie. Il est clair que notre instant a été un moment de fierté, sur la perception renouvelée, de l’homme qu’il est.

J’ai enfin l’impression d’être sur le bon chemin. La rencontre était magique.

 

Louiseville

 

Je cherche le Tango Café, Jean-François m’en avait parlé hier… Je rentre.

Une femme et un homme derrière le comptoir.

 

  • Bonjour, vous êtes Karine ?

  • Oui et vous ?

  • Emmanuel

  • Je savais que vous alliez venir, une personne la vue sur internet et elle m’a prévenu.

 

Un beau couple dans le travail. Une belle affaire, calme et chaleureuse.

Je m’installe sur le canapé dont Karine me dit qu’il est confortable, en posant mon sac bien en vue.

Un beau chocolat chaud dans l’attente d’être abordé. Je souris et dis bonjour, mais rien. Je sais que les clients lisent mon affiche, mais toujours rien.

Je me lève pour prendre un expresso que Karine m’offre gentiment. J’ai envie d’engager la conversation, mais je ne veux pas la déranger dans son travail.

En partant, je lui propose de faire une photo avec Luc. Je lui propose de se placer entre nous, être trop proche de Karine serait flatteur, mais en voyant Luc, je sais que quelque chose me retient… la peur peut-être !!! Luc qui dit ne pas savoir sourire et pourtant, en le regardant il respire la bonté cachée derrière sa carapace de mâle.

 

En sortant, une dame m’interpelle. Je me souviens de l’avoir vu rentrer dans le café

et en ressortir.

 

  • Excusez-moi, je n’ai pas osé vous parler devant tout le monde,

  • auriez-vous quelques instants ?

 

Je ne partagerai pas avec vous les 45 minutes que j’ai passées sur le trottoir abrité sous

un toit. En la voyant repartir, je pouvais voir de la légèreté dans sa démarche, la tête haute

et un grand sourire de soulagement affiché sur son visage…

 

Sur mon chemin, encore 4 km pour aller au Motel, je vois des jeunes entrés dans un centre emploi jeunesse. Je grimpe les escaliers à mon tour avec moins de grâce et de légèreté qu’eux.

À la réception j’explique mon approche et leur propose de m’appeler si jamais un jeune avait besoin de définir un objectif ou de travailler sur des croyances gratuitement. La dame perçoit rapidement les possibilités qui pourraient être envisagées. Je lui indique que je repars demain pour 3 Rivières qu’elle peut m’appeler pour le reste de la journée si elle le désire.

 

Le Motel… bord de route… je n’ai pas pris mes bouchons…

Les hôtes de ce soir tenaient à pris en photo avec moi surtout madame adepte des selfies...

Et puis sortant de manger, un jeune homme qui fait la manche m’a abordé.

Il voulait 1$. Nous avons discuté plus de 3/4 d'heure. Il m’a exprimé son mal être face à la

société la faute des autres sans remise en question de sa part.

Et puis le vent a tourné, il a commencé à entendre mes mots à remettre ses comportements

en question, à percevoir ses croyances limitantes, à se projeter dans des objectifs.

Je ne sais pas si je lui apporté un changement durable mais une chose est certaine c’est

qu’il va ouvrir sa perception sur la société qui l’entoure et sa propre responsabilité.

Puis je lui ai donné 2$...

 

Une nouvelle fois merci pour vos encouragements, appels téléphonique du Québec de France et des États-Unis (même si Goedle a volé l’appareil à Philippe ) et tous les messages texto et sur internet.

 

Une bonne journée où j’ai effectué un peu plus de 25 km à pied et 16 en voiture. Je vous jure Olivier et Anne que je me sers de votre expérience pour me dépasser.

 

Demain 3 Rivières, Christine et Marco m’ont proposé de dormir chez eux. Merci beaucoup !!!

 

Mes propos peuvent vous paraître trop francs, sans inhibition, et pourtant je veux démontrer qu’il n’est pas insensé de parler à cœur ouvert. Le temps passe trop vite pour vouloir jouer un rôle et porter des masques. Le masque de fierté pour cacher une problématique qui déchirent de l’intérieur, celui de la carapace qui dit je n’ai pas d’émotion et qui saigne au plus profond comme une rivière insolente sont inappropriée avec le temps que nous donne la vie. Je dis sans cesse qu’il bon de vivre sans masque dans le respect de l’autre alors je le pratique.

 

Cette aventure prend une autre tournure pour moi.

En désirant aller à la rencontre des personnes à qui je pourrais apporter une lumière, je me retrouve confronté à une expérience personnelle. Cette marche m’apporte une douleur physique et me confronte à moi-même, ce désir de courir après le temps comme une fuite. Peqs me l’a souvent susurré et je l’entends de plus en plus fort. Ceux qui me connaissent savent que je suis directe dans mes propos, que j’ai tendance à travailler dans la provocation si nécessaire, pour faire réagir mes clients et à les rendre actifs dans leur désir de changement. Je me demande si je ne suis pas dans la situation ou je me provoque moi-même. Une fuite d’une réalité présente qui a ressurgi avec les propos de Paul…

 

Bonne nuit à tous et à demain, pour une nouvelle aventure et de nouvelles émotions.

 

Emmanuel & Peqs

 

Un 4e jour - un tournant.

Je ne prendrais pas le temps de m’arrêter sur les 3 rencontres furtives que j’ai faites aujourd’hui.

 

Après presque 40 km à pied et un petit lift en voiture avec David, à l’arrivée à Trois-Rivières, j’ai eu l’appel que je redoute depuis plusieurs années, mais comme il est encore temps de profiter, je vais rentrer en France et réorienter mes priorités..

Je vous écris dans l’autobus, à mi-chemin de mon aventure. J’ai prévenu Christine et Marco que je leur ferais faux bon ce soir, j’en suis désolé.

 

Je suis désolé de couper cette aventure maintenant et ce n’est certainement pas la difficulté des marches qui me fait renoncer, bien au contraire. J’ai été au-delà de ce que j’aurais pu imaginer et j’étais prêt à aller jusqu’au bout. Je ne suis pas équipé physiquement pour faire 115 km à pied en 4 jours et je l’ai fait.

 

Je tiens à me tenir à la mission que je m’étais donnée en faisant ce voyage; apporter mon soutien aux accompagnants de personne malade, dont le cancer.

 

Ce soir, je rentre sur Québec pour repartir de nouveau pour prendre ma place aux côtés des miens en France. Le temps est un principe qui n’existe pas. La distorsion du temps peut nous emmener dans des parties de nous-mêmes capables de l’arrêter ou de l’accélérer. Un temps court peut être de 3 semaines ou de deux jours et inversement le temps long peut être d’une heure ou d’un an. Je ne jouerais pas avec le temps, il n’accepte pas que l’on fasse les choses sans lui.

Je le savais en partant et je l’avais partagé avec plusieurs d’entre vous.

 

Ce matin, ma réflexion m’a emmené sur un chemin de pensées qui m’a surpris, ce sera la seule vidéo du jour que je publierai. Vous pourrez constater que Peqs nous parle bien plus fort que l’on croit.

 

J’ai trouvé ce que je cherchais, compris ce que je ne pourrais pas apporter et je respecte profondément les cultures et les croyances de chacun.

 

Le danger de la paix est l’ignorance et la non-curiosité.

 

J’ai croisé la bêtise pendant ces 4 jours, l’ignorance, mais aussi la maladie, la réflexion, l’ouverture et l’intérêt. J’ai croisé le changement, l’espoir, l’envie et la surprise.

Je l’ai croisé en observant les autres, et à l’intérieur de moi, la colère, la fatigue, la remise en question, le doute et le choix et la souffrance.

 

Choisir, c’est renoncé au bien ou au mal, au bien ou au bien, au mal ou au mal. Il serait insensé de croire que l’on pourrait toujours choisir entre le bien ou le mal et pourtant cette marche était pour moi un choix du mal ou du mal. J’espère avoir apporté du bien…

 

J’ai pu lire le cheminement de certains et qu’ils m’ont partagé par écrit pendant ces 4 jours, en écoutant mes mots comme des allégories qui sont venus faire des liens avec leur propre histoire. Je suis heureux pour chacun d’entre vous qui avez la curiosité et l’intelligence émotionnelle de ne plus vous mentir.

 

Je vous remercie pour tous vos encouragements et messages privés fort nombreux et j’aimerais que vous reteniez l’esprit de ce court périple, souriez même si vous ne savez pas pourquoi, soyez présent même si vous n’avez rien à dire. Écouter votre cœur lorsqu’il vous apporte l’élan de tendre la main.

Le ridicule ne tue pas, croyez-moi, autrement je ne vous écrirais pas ses lignes.

 

J’entends vos mots pour mes jours qui suivent et je vous en remercie, je vous remercie aussi de ne pas me les envoyer, la vie est encore présente.

 

Je reste l’électron libre qui surprendra sans cesse.

 

Je suis à votre écoute et à votre service pour démystifier l’hypnose thérapeutique pour un futur atelier/cabinet public à Québec ou à Montréal, à Casablanca ou à El Jadida.

 

Alors, sortez de votre zone de confort, de votre confort tout court, et vivez !!!

 

Emmanuel & Peqs

 

Accréditations Emmanuel Sabouret et Cognition Académie :

- Revenu Québec

- Emploi et Développement social Canada

- Société Dentaire de Québec

- RITMA

- SICPNL

1009 route de l'Église

Québec - QC - G1V 3V7

Tél : 1+(418) 255 - 0345

emmanuel.sabouret@gmail.com

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