2/3 LA SYSTÉMIE DANS LA GESTION DU CHANGEMENT
- Emmanuel Sabouret - Coach Exécutif - Hypnologue

- 24 févr.
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 mars
Observer avant d’agir : penser systémique à l’ère de l’urgence et de la prévention
Je ne vous ai rien appris en vous rappelant que vous faites tous partie du système et êtes la causalité des résultats que nous vivons tous. En prendre conscience maintenant c’est tenter d’être plus réfléchi. Demandons-nous : • Qu’est-ce que mon action ou mes mots entretiennent ? Une peur, un refus de mise en question… • Qu’est-ce qu’ils empêchent de changer et de transformer dans mes habitudes ? Croyance, stabilité, appartenance… • Quel problème risquent-ils de repousser plus loin ? Une vérité que l’on ne veut pas observer, une fin, la perte de quelque chose, d’un acquis… • Et que se passerait-il si nous osions réparer plutôt que panser ? Base solide, projet défini, parier sur le long terme…

La vision systémique nous rappelle une chose essentielle, un système ne se corrige pas à coups d’urgence. Il se comprend, reste souple, s’ajuste et se transforme dans la durée. Agir sans observer la systémie de ce que cela entraînera, c’est créer des problématiques qui auront comme résultat : « on ne pouvait pas deviner que… ». Peut-être pas deviner mais le prévoir pour l’éviter.
C’est exactement ce que je propose chaque jour avec mes clients, une réflexion pour faire de bons choix sur du long terme, en toute stabilité environnementale, comprendre les besoins, les comportements, les peurs et les incapacités d’action. Créer un espace de prise de recul, là où tout pousse à réagir vite, c’est observer la situation présente dans sa globalité :
· Les envies, les contraintes, les difficultés… mais aussi les croyances invisibles qui entretiennent les blocages et donnent l’impression qu’il n’y a « pas d’autre solution ».
Très souvent, ce n’est pas la situation qui enferme, c’est la manière dont elle est regardée et les biais cognitifs qui imposent une vérité. Mon rôle est d’aider à clarifier, de mettre de la lumière là où tout est confus, redonner de la lisibilité là où l’urgence brouille le discernement.
UNE ÉPOQUE – UN BESOIN
De plus, les décisions ne peuvent pas se prendre de la même façon même si les données sont les mêmes. Imaginez que vous trouviez un nouvel emploi, vous allez prendre le temps d’étudier le poste, l’environnement, les avantages et le salaire. Bien entendu, toutes ces données sont importantes mais elles auront un classement d’importance différent, selon votre âge. Une personne en pleine évolution regardera peut-être plus le salaire, un proche de la retraite sera peut-être plus focus sur l’environnement et les avantages alors que le jeune débutant devra peut-être plus s’arrêter sur :
· Qu’est-ce que ce poste m’apportera professionnellement dans le futur ?
· Est-ce que le salaire est l’exigence primaire ou doit-on construire un plan systémique de l’évolution professionnelle ?
Quand on comprend le système dans lequel on est pris, ses mécanismes, ses répétitions, ses tensions, ses objectifs temporels, de nouvelles possibilités apparaissent. Il n’y a pas de solutions miracles, mais des options réalistes, alignées et durables.
Mon rôle de conseiller/consultant accompagne aussi la création d’un élément souvent oublié : la sécurité intérieure.
On ne prend jamais de bonnes décisions sous pression, dans la peur ou la confusion. La sécurité permet de décider sans se trahir, sans fuir, sans colmater mais avec une vision dégagée. Il est difficile d’occulter l’émotion dans la décision et pourtant… L’être humain recherche le pragmatisme en ballotage avec le cœur. L’émotion doit être considérée comme une donnée à prendre en compte mais pas comme une direction à suivre. L’émotion de l’instant n’appartient pas totalement à la personne qui l’a vécue. Elle s’est construite dans le temps et se maintient sans tenir compte de l’évolution d’expérience de la personne. Elle est donc un fait et non une vérité.
Dans notre monde qui panse sans réparer, choisir de comprendre avant d’agir devient un acte profondément transformateur. Il y a, derrière cette approche, une vision profondément philosophique qui permet d’accepter que la complexité fait partie du réel, et que vouloir la nier produit plus de désordre que de clarté.
Depuis toujours, la philosophie nous rappelle que l’être humain ne souffre pas seulement de ses problèmes, mais du sens qu’il leur donne — ou qu’il n’arrive plus à leur donner. Lorsqu’une personne est enfermée dans l’urgence, dans la peur ou dans ses croyances, elle perd sa liberté intérieure, elle ne choisit plus, elle réagit.
Je ne propose pas de réparation rapide, mais un chemin vers plus de liberté, de s’autoriser d’autres choix, de penser autrement pour sortir des automatismes, sans subir une trajectoire toute faite. Philosophiquement, il ne s’agit pas de chercher la bonne solution, mais de devenir capable de bien décider dans un monde imparfait la seconde suivante.
Peut-être que la véritable modernité aujourd’hui n’est pas d’aller toujours plus vite, mais de réapprendre à penser juste. Penser juste dépendra de l’évolution de la civilisation et c’est la réflexion que je vous propose dans la troisième partie.
Coach, conseiller ou consultant n’ont qu’un objectif, qui est commun, accompagner notre client pour qu'il fasse un choix qui sera le meilleur pour lui.
Je clôturerais cette trilogie d’article à la conclusion d'une perception systémique irréversible et de trois scénarios possibles dans un univers sans cesse en mouvement.
Faites confiance à la partie qui sait…
Emmanuel
Conseiller senior en gestion du stress, comportement et prise de décision - Auteur et essayiste – conférencier.
Emmanuel accompagne des particuliers, des dirigeants et des équipes en entreprise dans leur évolution. Tantôt consultant, coach exécutif, enseignant ou mentor, il aide à comprendre et à intégrer les fonctionnements des biais cognitifs.
Fondateur de Cognition Académie.

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